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Arai SZ Ram X à 200€ ? La contrefaçon contre votre sécurité

Depuis quelques semaines, nous faisons face à une augmentation de vente de casque asiatiques, souvent copiés sur les célèbres Arai SZ-Ram. Ces contrefaçons de plus en plus vraie que nature soulève un point crucial : la mauvaise perception des consommateurs par rapport au prix et à la provenance des casques.

Evidemment, les contrefaçons qui émergent principalement sur Paris ne viennent à priori pas des magasins spécialisés. Vendre un produit non conforme aux normes européennes relève d’un acte illégal, mettant en danger le consommateur. Les normes européennes qui définissent la protection d’un casque ne sont pas les mêmes que les normes américaines ou asiatiques. Dot, Snell… Si vous roulez en France, votre casque doit être homologué selon la norme ECE 22-05 et suivi de la lettre « P » avec en face son numéro de Pays (le pays où le casque a été homologué). Cette norme permet d’authentifier le casque comme conforme à la réglementation française et européenne, indiquant au passage que le casque répond aux différents critères de sécurité fixé par l’Union Européenne. Ces critères, comme la résistance à l’impact, les matériaux ou les types d’attache jugulaire, contribue à mettre le pilote deux-roues en sécurité.

La norme, seule gage de qualité ?

Non, la norme ne fait pas tout. En effet, un casque jet à 90€ possède la même norme qu’un casque intégral à 1500€. Nous avons déjà parlé de ce qui définit le prix et la protection d’un casque. Le prix est souvent déterminé par la qualité global du casque et ses matériaux, exception pour les casques dont on paye surtout le design. Un casque jet à 70€ a de forte change d’être en plastique ABS, avec peu d’option, une finition basique, dans le but d’être le moins cher possible à produire et faire un maximum de volume de vente. Un même jet à 200€ sera sûrement en polycarbonate ou fibres, avec une finition plus soignée. Enfin, un jet à 500€ sera probablement en fibres composite, avec un écran triple épaisseur, de larges ventilation, un confort inégalable et un aérodynamisme à toute épreuve… On y vient donc !

Le Arai SZ Ram X, dernier jet haut de gamme du fabricant japonais, est un jet avoisinant les 600€ prix public. Très apprécié des taxis moto qui le portent en moyenne 12h par jour, c’est un outil indispensable pour celui qui cherche le confort et le maintien à haute vitesse. Tout ces paramètres de performance (confort, poids, finition) ont un coût de fabrication forcément plus élevé que ce même jet à 70€ en plastique. Arai fabrique et assemble à la main, dans les matériaux les plus haut de gamme au monde. Donc oui, ce casque une fois fabriqué coûte cher pour le consommateur, car le revendeur (qui assure le service après vente, le dépannage, le conseil) doit en tirer un peu de bénéfice, tout comme le fabricant qui aura dépensé 10 fois plus que l’industriel qui fabrique ses casques en plastique sur une chaîne robotisée. C’est une règle universelle qui s’applique aux motos, aux voitures, aux chaussures, aux montres… et donc aux casques.

Malheureusement, l’amalgame se fait quand le consommateur lambda ne veut pas faire la distinction ou cherche à tout prix le meilleur tarif. Généralement, ce comportement vise les produits à forte notoriété. Les copies d’Iphone, les copies de Nike… Le Ram X, anciennement Ram 4 et Ram 3, étaient et restent des best-sellers, visibles sur toutes les têtes aussi bien des coursiers que des avocats. Un micro effet de mode qui dure depuis 10 ans. Jusqu’à l’invasion des contrefaçons chinoises et la concurrence internet.

Le prix, toujours le prix, encore le prix !

Certains gros sites de vente en ligne de casque et équipement n’hésitent pas à afficher des prix toujours moins chers, des offres toujours plus alléchantes. Des codes promos foisonnent toutes les semaines, si bien qu’on perd de vue le prix réel des choses. Le casque est le principal perdant dans l’histoire, puisque ce produit ne représente que 30 à 35% du volume de vente d’un multi-accessoiriste. Sa marge commercial étant assez faible par rapport à un vêtement ou une pièce détachée mécanique, les gros revendeurs n’hésitent pas à sacrifier la marge d’un casque pour se rattraper sur leurs propres marques ou sur les produits à plus forte marge. Le consommateur motard a donc depuis quelques temps pris l’habitude de se fier avant tout au prix. Certains sites asiatiques étrangement autorisés à vendre et importer en France tirent peu à peu profit de ce comportement. Avec un catalogue de plus en plus fourni en contrefaçon de pièce moto (pots Akrapovic, frein à disque Brembo…) il semblait inévitable que les casques y passent. Si le consommateur se méfie encore de ce type de site, ce n’est pas le cas de certaines personnes peu scrupuleuses qui usent des sites de vente d’objet d’occasion pour y revendre leurs trouvailles asiatiques.

Sur Leboncoin fleurissent depuis quelques mois des annonces affichant des Arai Ram 4 (modèle arrêté depuis 4 ans) à 200€ négociable. Décrit comme jamais porté, quasi neuf, il s’agit 9 fois sur 10 de contrefaçon achetée 60€ sur des sites chinois. Ces revendeurs particuliers font donc du commerce illégal sur la crédulité du consommateur. Car oui, ces casques sont illégaux : fausse homologation ECE, coque en plastique ABS, visière en plastique qui ne protège pas des uv… Ces casques ne valent strictement rien en matière de norme et de sécurité. Pire, vous vous exposez à une amende, en plus de vous mettre considérablement en danger : personne n’a vérifié les matériaux du casque, aucun organisme n’a effectué de test de résistance.

Le consommateur, victime et fautif ?

Notre point de vente a récemment reçu des acheteurs qui voulaient s’assurer que leur casque était bien un « vrai » Arai. Il y a plus simple pour vérifier : n’achetez pas votre casque Arai 200€ chez un particulier qui s’offre une pub sur internet ! Un casque se paye au prix où il est affiché en boutique, chez des revendeurs officiels, des spécialistes (nous ou nos confrères les mieux notés). Le prix final reste à l’appréciation du revendeur et son client, chacun est libre de baisser les prix et ne pas faire de profit, ce qui est en soit suspect si on cherche un minimum à faire tourner son commerce, payer ses vendeurs, animer son point de vente et acheter de nouveau des produits pour le consommateur. Notre politique de prix est transparente : nous cherchons à offrir la meilleure remise pour fidéliser nos clients tout en tirant un bénéfice acceptable afin de répondre présent le jour où l’acheteur rencontre un problème (SAV, dépannage). Et comme nous nous considérons comme des experts, nous refusons de vendre ou d’installer un accessoire sur un casque contrefait. Mécontents, passez votre chemin.

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